Namasté

Je tenais particulièrement à écrire cet article car il me touche personnellement. Ma grand mère, qui aurait eu 103 ans ce 14 février, était atteinte d’une maladie qui touche de plus en plus de personnes : la maladie d’Alzheimer.

Alzheimer : Oublier qui l’on est

alzheimer
Photo by Cristian Newman on Unsplash

Tout à commencé par des petits oublis, des mots qui prennent la place d’un autre. Son entourage riait souvent de ces petites maladresses. Nous ne nous rendions pas compte que Marcelle perdait pied avec la réalité.

Petit à petit, elle s’enfonçait dans une sorte de démence qu’elle réussissait à nous dissimuler. Bien que nous notions ses petits écarts de langage ou de conduite, nous ne nous doutions pas que le cauchemar allait bientôt prendre forme. Monsieur Alzheimer prenait possession de ma grand-mère.

Très vite, les événements se sont empirés. Marcelle commençait à confondre le jour et la nuit. Elle devenait agressive sans raison apparente.

Et voila qu’un soir, vers 22h le téléphone de la maison se met à sonner. A l’époque j’habitais encore chez mes parents. Ma mère se rua sur le téléphone, et à l’autre bout du fil, ma grand-mère, tenait des propos incohérents et violents vis à vis de sa propre fille. Une seule chose nous restait à faire : Appeler le samu.

Alzheimer ou la descente aux enfers.

Ma grand-mère, âgée de plus de 80 ans, habitait seule, et jusqu’à présent, elle réussissait à réaliser toutes les taches du quotidien. Tout du moins, elle nous le faisait croire….

Après avoir tenté de nous occuper d’elle à la maison, nous nous sommes très vite rendu compte que c’était impossible. Alors nous avons donc décider de la placer en institut spécialisé.

Une fois placée, ma grand-mère s’est rapidement stabilisée. Mais pour les proches, c’est à ce moment la que l’on refuse de croire et d’accepter la maladie. On se dit que notre parent va se souvenir, que ce n’est qu’une passe. On s’énerve presque quand on constate que la personne ne nous reconnait plus. Qu’elle ne se rappelle même plus de notre prénom ou bien qu’elle nous confond avec quelqu’un d’autre.

Alzheimer est une maladie dégénérative qui évolue par palier. Le premier est l’oubli, puis viens le stade de l’immobilité, puis l’arrêt de la communication pour finir par le refus de s’alimenter…. Ces paliers sont plus ou moins longs mais, à aujourd’hui, ils sont inéluctables.

Lâcher-prise pour accepter.

Alzheimer
Photo by Lotte Meijer on Unsplash

Alors, que faire face à cette maladie ? La question se posait pour nous. Nous ne pouvions pas la guérir mais nous pouvions retarder l’avancée de la maladie en la stimulant, en la faisant parler, en lui posant des questions et en l’entourant le plus possible. Mes parents et moi-même avons aussi décidé de ne pas la contredire quand elle se trompait. Nous préférions rire avec elle et profiter de sa présence au quotidien.

Ma grand-mère est restée malade durant plus de 10 ans et je garde de ces années des souvenirs de tendresse, d’attention, d’amour infinie pour elle et avec elle. Bizarrement, cette maladie nous a rapproché d’elle et a noué des liens forts entre chacun des membres de ma famille.

Et puis un jour, la jeune fille aux cheveux blancs s’en est allé. Elle nous a laissé des souvenirs, des sourires, des odeurs de fleurs des champs (qu’elle adorait cueillir) et le bruit du vent dans les arbres.

Pour les proches, cette maladie est avant tout une opportunité de pardonner, de lâcher-prise, d’être dans l’amour inconditionnel et de profiter des êtres qui nous sont chers en laissant tomber nos vieux fonctionnements, nos rancunes.

Malgré la douleur de voir un être cher diminuer petit à petit, cette maladie nous fait aussi grandir en tant qu’être.

Bonne bise à toi

 

 

 

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