Vingt-cinq ans dans la mode. Des collections, des briefs, des tendances qui s'enchaînent sans respirer. Et quelque part dans ce mouvement-là, j'ai perdu ma confiance en moi. Voici comment créer lentement, avec des draps anciens et du fil, me l'a rendue.
Une industrie qui sait te faire douter
Il y a des industries qui savent très bien te faire sentir que tu n'es pas assez.
Pas assez vite. Pas assez dans le mouvement. Pas assez au goût du jour.
J'ai travaillé vingt-cinq ans dans la mode. Styliste formé dans les règles, passé par le prêt-à-porter enfant, le sportswear, la lingerie, la corseterie. J'ai appris à lire les tendances avant qu'elles arrivent, à produire vite, à répondre à des cahiers des charges qui changeaient tous les six mois.
Et quelque part dans ce mouvement-là, j'ai perdu quelque chose.
Ce qu'on perd sans s'en rendre compte
Pas le savoir-faire. Pas la technique. Quelque chose de plus fragile, de moins visible. La confiance dans ce que mes mains savaient faire. La conviction que ce que je ressentais en créant avait une valeur. Que ralentir n'était pas une faiblesse. Que choisir un drap ancien plutôt qu'un tissu neuf n'était pas un manque de moyens mais une manière d'être au monde.
La mode rapide ne te vole pas d'un coup. Elle le fait doucement, par accumulation. Une collection qui arrive trop tôt. Un brief qui écrase ton instinct. Une tendance qui rend ton travail obsolète avant même d'être fini. Tu continues, parce que c'est le métier. Mais quelque chose se tasse en toi.
Créer lentement comme acte de résistance
Rita est née de ce tassement-là.
Pas comme une revanche. Plutôt comme une respiration retrouvée.
Le premier drap que j'ai découpé, je ne savais pas encore ce que je faisais vraiment. Je savais juste que je voulais prendre le temps. Que je voulais que l'objet garde une trace de ce qu'il avait été avant. Que le monogramme brodé sur la toile ancienne n'était pas un défaut à cacher, c'était une mémoire à prolonger.
Et dans ce geste-là, quelque chose est revenu.
Pas la confiance arrogante de quelqu'un qui sait tout. Plutôt la confiance tranquille de quelqu'un qui sait pourquoi il fait ce qu'il fait.
Et toi, qu'est-ce qu'on t'a pris ?
Si tu lis ces lignes, tu as peut-être toi aussi traversé ça. Pas forcément dans la mode. Dans n'importe quel domaine où l'on t'a appris que plus vite valait mieux que plus juste. Où l'on t'a progressivement convaincu que ton rythme naturel était un problème à corriger.
Rita Bonne Bise ne te vend pas un retour en arrière. Elle ne te propose pas la nostalgie comme produit.
Elle te rappelle juste que ce que tu fais lentement, avec soin, avec intention, a autant de valeur que ce qui est fait vite et en série. Peut-être plus.
Ce que Rita m'a rendu
Ce que la mode rapide m'a pris, c'est la confiance dans ma propre cadence.
Rita me l'a rendu.
Et si cet article résonne en toi, c'est peut-être que tu cherches toi aussi à retrouver quelque chose. Un objet fait à la main voyage différemment qu'un objet sorti d'une chaîne. Il porte avec lui le temps qu'on a mis à le faire. Ce temps-là, je te l'envoie.
Bonne bise.
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